Interview / Presse / Dédicace

La critique littéraire de Francis MERINO à propos de « Retour à Moscou »

J’achève la lecture de la deuxième vie d’Anton Vermot alias Anton Antonovitch Poussanov. Je l’ai lu d’une traite dans la journée. Un vrai plaisir que de retrouver les errances de notre héros plénipotentiaire de la vaste Russie éternelle aux states et jusqu’à Saint Bart… D’autant que la suite est annoncée !

On retrouve tout à fait le monde du quai ne répond plus, ce premier opus au style enlevé qui nous menait jusqu’à la première mort d’Anton Vermot. Mais les héros ne mourant jamais il était écrit que le tien se devait de réapparaître du seul fait de la Grande Russie ou plutôt de ses secrets services ô combien performants et secrètement secret.

C’est un vrai univers diplomatico-services secrets qui est brossé avec maestria et toujours avec ce coup d’avance que le héros se doit d’avoir joué sous peine d’y rester. On retrouve avec joie (on peut le dire comme ça) ou du moins délectation les fines équipes concurrentes lancées dans une course poursuite après l’appât qui les appâte avec l’intelligence de celui qui, ressuscité d’entre les morts-espions, sait par-dessus tout se faufiler, esquiver, apparaître pour mieux disparaître, filer à l’anglaise, glisser comme une anguille…

Il est savoureux de suivre les errements des uns  et des autres, des faux amis, de ceux qui croient tenir les cartes en mains, de ceux qui tombent dans le panneau avec comme décor,  l’arrière-plan politique de ces puissances, des grands de ce monde qui mènent la danse tout en décidant à l’aveugle.

Les femmes, sans être absentes, apparaissent cette fois-ci, plus comme un rappel de la personnalité du héros qui n’a de cesse de séduire et de s’attacher. Frédérique, Natalya et jusqu’à Pamela. Je retiens évidemment la densité humaine de la rencontre entre Anton et Irina Sergueïevna dont le destin maudit, inhumain donne lieu à des pages d’une sobriété et humanité troublantes, dans ce libre où on ne cesse de courir, bouger, voyager, s’envoler, naviguer, se terrer, surveiller, disparaître et flinguer aussi… Sa fin révoltante la transforme en icône douloureuse.

Le livre est ponctué de la réminiscence des événements antérieurs. Ils reviennent par touches et participent ainsi de l’état psychologique des personnages (Anton, Mouradov, Natalya).  Le retour d’Anton dans le monde des vivants est explicité tout en gardant sa part de mystère. On est sur un territoire où tout est mouvant où l’on sombre lorsqu’on croit gagner et où l’on s’en tire lorsqu’on se croit à la dernière extrémité.

Le héros de ce deuxième opus semble s’être dépouillé de son élégance originelle qui en faisait dans le premier roman un Dandy désoeuvré, animé du haut sens de sa mission dans les services diplomatiques. Il atteint ici l’état de la bête traquée qui trouve l’issue pour échapper au pire. Il avance au milieu du doute et de la conscience aiguë de la chance qu’il a reçue d’être encore en vie face à tant d’adversité. Détaché, comme il se détache des siens, prenant le temps par un détour négocié de les voir une dernière fois, rendu à sa seule capacité d’anticiper les événements qui fondent sur lui, traversé par des sentiments qui le rattachent au passé, lui qui ne peut que s’en soustraire au risque que tout n’explose autour de lui et lui avec, Anton Vermot flingue à son tour, méthodiquement, avec le sang froid de l’animal aux abois qui sort de sa tanière pour assurer sa survie. Le goût de vivre l’emporte en lui.

Le roman fait aussi vivre toute une kyrielle de personnages qui semblent être finalement la protection du héros, il nous fait vivre les confrontations, les aléas, les aberrations des divers services, tout cela écrit dans une langue qui a du panache, une langue qui pose, de réflexions en réflexions, toujours justes, jamais ronflantes, un vrai regard sur le monde d’aujourd’hui.

Tout ça pour dire qu’après le Colonel Mouradov la suite avec le général Bertchev est attendue avec gourmandise. C’était le but recherché de l’auteur et moi qui ne suis guère lecteur de policiers, je me régale par avance de la suite qui en sera donnée.

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Antoine Aléa était pour la 1ère fois sur le salon du Livre de Paris du 16 au 19 mars 2018

salondulivre

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Article d’ITAR TASS du 1er décembre 2017 sur la conférence organisée à Paris lors du 300ème anniversaire des relations franco-russes avec une intervention d’Antoine Aléa

 

Lire l’article d’ITAR TASS

Участники коллоквиума в Париже отметили особую важность связей РФ и Франции для Европы

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Antoine ALÉA a dédicacé son roman « le quai ne répond plus » à l’occasion du vernissage de l’exposition du photographe Vladimir SICHOV à la galerie de Buci, 73 rue de Seine à Paris, le 2 novembre 2017.

vsichovVladimir Sichov, photographe, 2 novembre 2017
Illustrateur de la page de couverture de « Le quai ne répond plus »

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« Le quai ne répond plus » à la Une de la lettre hebdomadaire de l’UFE (Union des Français de l’Etranger – http://www.ufe.org/actualites)

 

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Interview récemment accordée par l’auteur

 

 

Lire l’interview d’Antoine Aléa

 

 

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